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Êtes-vous bull ou bear?

Stéphane Desjardins

Stéphane DesjardinsIl détient un baccalauréat en communications, journalisme, de l'Université du Québec à Montréal. En vingt ans de carrière, il a dirigé la rédaction de plusieurs magazines et journaux, dont des publications d'affaires. Il a notamment collaboré au Devoir, au Soleil, à Affaires PLUS, au Journal de l'Assurance, à Géo Plein-air et à Ski Presse. Il a aussi été directeur du magazine Québec Inc. À titre d'entrepreneur, il a fondé des entreprises spécialisées dans les communications écrites et graphiques. Il a été finaliste au prix Merrill Lynch et à ceux de l’IFIC. Il a siégé à quelques conseils d’administration de sociétés publiques et privées. Il est rédacteur en chef pour Finance et Investissement depuis juillet 2007.
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Êtes-vous dans le camp des optimistes ou des pessimistes? Toutes, je dis bien TOUTES les conversations que j’entretiens ces jours-ci avec les gens de l’industrie finissent par porter sur le sujet. Avons-nous atteint le fond du baril ou sommes-nous au cœur d’un rallye qui précède une récession longue et ardue?

Or, ces questions ne sont pas banales. Elles affectent avant tout notre équilibre psychologique et, ensuite, la répartition des portefeuilles.

Alors que des milliards de dollars sont parqués dans les fonds du marché monétaire, au péril d’être affectés par un rendement négatif à cause de la combinaison des frais, du faible taux d’escompte et de l’inflation (surveillez l’édition de mai de Finance et Investissement), les conseillers se demandent, tout comme leur client, quel est le moment de revenir sur le marché? Maintenant? À la fin de l’été? Que dois-je acheter? De l’or? Des options? Des obligations? Des actions?

Jusqu’à maintenant, les pessimistes ont tenu le haut du pavé. À coup de reportages occupant de pleines pages des journaux, de conférences vendues à l’avance dans des salles de concert, de reportages catastrophiques dans les téléjournaux, les bulls de la trempe d’Éric Sprott et Nouriel Roubini se sont succédé pour annoncer la fin du « sucker’s rally » actuel et le début d’une longue récession. Ces gens aiment l’or, indéniablement.

Mais il y en a d’autres qui affirment haut et fort que la fin de nos problèmes est à nos portes. Comme ce trader respecté, Dennis Gartman, qui somme les lecteurs de sa lettre financière de se tenir loin des lingots et d’acheter résolument des actions. Ce dernier croit que les investisseurs vont se dire, dans quelques mois : « Merde, j’ai manqué un creux historique. » Il estime que les actions sont tellement dépréciées par les temps qui courent qu’on ne reverra plus de telles courbes sur les graphiques.

En d’autres mots, c’est le temps d’acheter alors que, typiquement, les investisseurs, tétanisés par la peur, se tiennent loin des actions. Et lorsque les cours seront en forte hausse dans quelques mois, ils se précipiteront comme les moutons sur les alpages. Un comportement typique, dénoncé depuis des lustres, mais qui écoute les critiques quand notre relevé de compte accuse un recul de 30%?

Le problème, c’est que la crise actuelle est différente de toutes les autres. Les indices chers aux économistes ne fonctionnent pas. Difficile de se fier aux indicateurs avancés, aux taux de confiance et autres instruments de mesure habituels, alors que les taux de chômage sont à un niveau historique, que le taux d’escompte est proche de zéro, que le système bancaire mondial a failli imploser et que, malgré les liquidités massives, les banques ne sont pas encore sorties du bois. Que l’immobilier ne s’est pas encore remis de l’éclatement de sa bulle. Et que les consommateurs dépensent moins, car ils ont redécouvert les vertus de l’épargne.

Mais les optimistes n’en démordent pas. Habituellement, les choses s’améliorent en Bourse lorsque ça fait plus de six mois qu’on est en récession. Chez nos voisins du sud, elle dure depuis décembre 2007. Les bulls croient que le marché ne redescendra donc pas. Et comme le cours de l’or n’est pas à la hausse, cela disent-ils confirme leur position.

Alors, si vous êtes optimiste, c’est le temps d’acheter des actions. « Commencez par des actions de grandes entreprises peu endettées, qui donnent préférablement des dividendes, et étalez vos achats dans le temps », disent certains financiers et gestionnaires. Il fait soleil et on annonce presque 30 degrés en fin de semaine. Le printemps a toujours cet effet sur les gens.

1 commentaire

Dencour
27.04.2009 - 21:41

Oublions les pessimistes et les optimistes. La réponse se situe au niveau des “réalistes”. La réalité nous apprend que nous ne sommes pas au bout de nos peines. Inutile de se répéter tout ce qui ne va pas actuellement aux niveaux financier, boursier et économique : les manchettes des médias nous l’ont fort bien appris. Et la grippe porcine ne nous aidera pas loin de là surtout si on ferme les frontières. Mais j’y pense, ce ne serait pas un prétexte pour revenir au protectionnisme ?????

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