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Les conseils financiers de Stephen Harper

Christian Benoit-Lapointe

Christian Benoit-LapointeFort d'un baccalauréat en communication auquel s'ajoutent des études en vulgarisation scientifique et un diplôme d’études supérieures en gestion, Christian Benoit-Lapointe a rapidement adopté l'univers de la presse économique. À ce titre, il relate avec intérêt l'évolution de l'industrie financière depuis quatre ans. De plus, il a terminé son cours sur le commerce des valeurs mobilières au Canada (CCVM). Au cours de sa carrière, il a collaboré à plusieurs publications (dont Objectif Conseiller, L'actualité et Affaires PLUS) et à quelques quotidiens (La Presse et Le Devoir). Son travail et sa rigueur lui ont d'ailleurs valu le Prix de la relève aux Grands prix de Magazines du Québec. Il a aussi été finaliste du concours de la Canadian Business Press au cours des trois dernières années. Il est journaliste pour Finance et Investissement depuis novembre 2007.
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Selon Stephen Harper, les banques canadiennes devraient profiter de la force relative de leur bilan pour faire des acquisitions aux États-Unis et ailleurs dans le monde.

Notre premier ministre a fait cette étonnante déclaration au Financial Times de Londres, à la veille de l’important sommet du G20 cette fin de semaine.

« Je ne commencerai pas à essayer de gérer des banques, mais j’espère que nos banques vont voir cela comme une occasion de construire la marque – celle du pays et leur propre marque –, et élargir leur ampleur et leur rentabilité », explique-t-il.

Venant d’un analyste, gestionnaire, chroniqueur ou de notre beau-frère préféré, je comprendrais, mais du premier ministre?

À son avis, les banques ne devraient-elles pas utiliser leurs capitaux et leur bon bilan pour continuer à émettre des prêts aux entreprises et aux individus qui en ont besoin?

Les massives injections de capitaux, dont les 125 G$ du Programme d’achat de prêts hypothécaires assurés par la SCHL devraient-ils servir à financer l’achat de banques étrangères, même à prix d’aubaine?

Et d’un point de vue strictement financier, le risque, qui reste énorme à ce stade-ci, en vaut-il la peine? Comme nous sommes presque tous actionnaires de ces banques, cette question mérite qu’on s’y attarde.

Un dirigeant d’une importante société de services financiers me disait récemment qu’il regardait aux États-Unis pour des acquisitions, mais qu’il préférait attendre que la poussière retombe afin d’avoir une meilleure visibilité, quitte à payer un peu plus cher pour des actifs dont il connaît vraiment la juste valeur.

À l’aube de l’important sommet du G20, Stephen Harper a aussi abordé la délicate question du protectionnisme. « Je peux vous assurer que les actions que nous prenons dans le secteur financier ne dont pas conçues pour promouvoir plus de protectionnisme. »

Évidemment, Stephen Harper fait référence aux multiples nationalisations et interventions dans le secteur bancaire. Il a raison, mais le Canada est-il vraiment le champion du libre marché?

Une des règles qui fait souvent grincer les dents des financiers américains, c’est justement que les banques canadiennes peuvent acquérir une banque américaine, mais pas l’inverse.

Cette règle est importante pour notre système bancaire, mais s’il veut la préserver, il me semble que notre premier ministre ne devrait pas encourager publiquement nos banques à élargir leur rayonnement mondial.

Cet appel à la consolidation rappelle sa déclaration du 7 octobre dernier, alors que Stephen Harper disait maladroitement aux électeurs échaudés que la baisse des marchés constituait une bonne occasion d’achat.

Quelques creux et 1000 points de baisse plus tard, nous pouvons conclure que monsieur Harper est un meilleur premier ministre que conseiller en services financiers. Qu’en dites-vous?

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